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Aujourd'hui, dans les pays industrialisés, la majorité de la population n'a jamais vu un ciel étoilé de qualité. Depuis l’avènement de l’électricité, la quantité de lumière artificielle de nuit (LAN) ne cesse de croître à un taux de plus de 6% par année. 

East Hereford, automne 2020. Crédit photo : Alexandre Simoneau

Qu'est-ce que la pollution lumineuse ?

D'où vient la pollution lumineuse ?

     La notion de pollution lumineuse est apparue dans les années 1980. On l’associe intimement à l’industrialisation et à l’expansion de l’urbanisation. Ce sont les astronomes qui, les premiers, ont rapporté la dégradation rapide de l’environnement nocturne due à la lumière artificielle de nuit (LAN). Depuis, plusieurs groupes se sont joints à eux pour étudier, comprendre, dénoncer et proposer des solutions aux impacts qu’a cette LAN sur l’intégrité nocturne et la santé humaine.

     De façon générale, la pollution lumineuse désigne la lumière artificielle qui détériore la qualité du ciel nocturne, qui altère les cycles de la lumière naturelle, ou qui modifie l’intégrité nocturne de l’environnement. Sa définition varie selon le groupe qui l'étudie.

Du point de vue de l’astronome

     On la désigne par «pollution lumineuse astronomique», c’est-à-dire toute lumière artificielle qui détériore la qualité et l’accessibilité du ciel nocturne en masquant la lumière des étoiles, des astres ou tout autre corps céleste. Cette LAN limite leurs études et contribue à la disparition de ce patrimoine naturel. Selon l’Union Astronomique Internationale, il y a pollution lumineuse lorsque la LAN émise dans le ciel nocturne est supérieure à 10% de sa luminosité naturelle la nuit.

 

Du point de vue de l’écologue

    On la désigne par «pollution lumineuse écologique», c’est-à-dire toute lumière artificielle qui détériore les cycles de la lumière naturelle, cycle jour/nuit ou saisonnière, en modifiant l’intégrité nocturne de l’environnement. Cette LAN a des conséquences sur les comportements, les rythmes biologiques et les fonctions physiologiques des organismes vivants, ainsi que sur les écosystèmes.

 

Du point de vue du médecin

     On la désigne par «pollution lumineuse», c’est-à-dire toute lumière artificielle émise par une source artificielle au cours de la nuit émettant une longueur d’onde dans la zone spectrale du bleu (entre 460 et 480 nm) avec une intensité susceptible de supprimer la production de mélatonine pinéale, ou d’altérer les rythmes journaliers en initiant une réponse de stress chez l’être humain.

 

Sources et causes de la pollution lumineuse

   La pollution lumineuse provient de toutes sources d'éclairage artificiel qui contribuent à la dégradation ou à la modification de l'intégrité nocturne. Il s'agit de l'éclairage extérieur ou d’éclairage intérieur rayonnant vers l’extérieur. Elle inclut la lumière émise par les lampadaires de rue, les éclairages publics, les édifices, les véhicules, les enseignes, etc. Dans certains cas, elle est responsable de la lumière intrusive qui pénètre dans nos maisons la nuit et perturbe la qualité de notre sommeil. Elle peut aussi être responsable de l’éblouissement causant une gêne visuelle due à un éclairage trop intense ou un contraste d’éclairage trop subit contribuant à un danger sur la route. La multiplication des lampadaires de rue est la cause principale de l’augmentation de la pollution lumineuse. Depuis une dizaine d’années, l’apparition des nouveaux lampadaires à diodes électroluminescentes (DEL), riches en lumière bleue, contribue substantiellement à l’augmentation du phénomène. En effet, la lumière bleue est diffusée beaucoup plus efficacement dans l’atmosphère selon le principe de diffusion de Rayleigh. Ainsi, la pollution lumineuse bleue émise par les DELs, pour une source de même intensité,  pollue un environnement plus grand que les lumières traditionnelles. 

     La figure 1 illustre un exemple de pollution lumineuse où la lumière émise par une source lumineuse est réfléchie sur différentes surfaces et est diffusée dans l’atmosphère en interagissant avec les particules en suspension dans l’air. Cette diffusion produit des halos lumineux qui masquent le ciel étoilé et perturbent l’intégrité nocturne. De plus, depuis une dizaine d'années, l’apparition des nouveaux lampadaires à diodes électroluminescentes (DEL), riches en lumière bleue, diffusent plus dans l’atmosphère et contribuent substantiellement à l’augmentation de la pollution lumineuse.

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Figure 1. La lumière émise par les sources artificielles frappe les molécules et les aérosols en suspension dans l’atmosphère et diffuse dans toutes les directions. Cette diffusion produit des halos lumineux qui empêche l’observation du ciel étoilé.