Impacts de la lumière artificielle sur la santé humaine

Introduction

L’origine du questionnement de l’impact de la lumière artificielle de nuit (LAN) sur la santé humaine provient d’études des problèmes de santé chez les travailleurs de nuit. En regardant cette population, on a constaté qu’il y avait des incidences de maladie plus élevées : cancer du sein et de la prostate (30% et plus), dépression, problèmes cardiaques, obésité, problème de sommeil, diabète, etc. La cause suspectée: perturbation du cycle circadien. En 2007, le travail posté, qui implique une perturbation du cycle circadien, a été classé comme agent cancérigène par l’organisation mondiale de la santé du centre international de recherche sur le cancer. En parallèle, plusieurs impacts de la LAN sur l’intégrité nocturne étaient rapportés dans la littérature scientifique : voilement du ciel étoilé et perturbation de la faune (perte d’habitat, perturbation de la période d’activités, migration et orientation, comportement social, survie d’espèces, etc). En même temps, des études en laboratoire contrôlées sur des animaux exposés à la LAN rapportaient des résultats inquiétants : certains liens avec la dépression, l’obésité, le cancer et les maladies cardio-vasculaires. Puis, des études épidémiologiques comparant des populations rurales et urbaines montrent des incidences de cancer du sein et de la prostate plus élevés dans la population urbaine (30% de plus) qui serait directement reliée à la LAN.

 Infirmières et hôtesses de l'air : 30% plus de cancer du sein 

En 2013, Abraham Haim, un chercheur de renommé international en pollution lumineuse, déclare : «l’augmentation de LAN amène les gens à vivre dans des conditions similaires à celles des travailleurs de nuit… Cette exposition peut supprimer la production de mélatonine et devrait être considérée comme un perturbateur potentiel de l’horloge biologique». Depuis une dizaine d’années, les études sur l’impact potentiel de la lumière artificielle de nuit sur la santé humaine ne cessent de croître dans la littérature scientifique. De nature épidémiologique ou en laboratoire contrôlé sur des animaux, ces études inquiètent. De plus, à cause de l’efficacité de la lumière bleue à inhiber la mélatonine et l’augmentation des lumières blanches riches en composantes bleues dans notre entourage, la LAN devient de plus en plus préoccupante.

En 2012, The American Medical Association (AMA) a adopté une résolution qui stipule que certains types d’éclairage sont une source de pollution environnementale qui interfère avec le rythme circadien et peut être liée au cancer du sein et autre maladies. L'AMA recommande que les nouvelles technologies d’éclairage soient développées de façon à réduire les risques pour la santé. Il recommande aussi davantage de recherches sur les risques potentiels sur la santé. Cette résolution est fondée sur le rapport "Light Pollution: Adverse Health Effects of Nighttime Lighting".

Que faire pour limiter la LAN

Limiter l’éclairage artificielle, ce n’est pas cesser d’éclairer, mais de mieux éclairer.

Il y a cinq principes d’éclairage de base qui contribue à la diminution de la LAN dans l’environnement nocturne tel qu’illustré à la figure 1. En plus de contribuer à la protection de la santé et l’environnement, ces principes permettent des économies d’argent et de ressources primaires.

  • Période : éclairer selon les besoins et quand cela est nécessaire. Utiliser des détecteurs de mouvement.

  • Quantité : éviter de suréclairer en diminuant l’intensité du flux lumineux.

  • Orientation : orienter le flux lumineux là où cela est nécessaire. Privilégier les dispositifs d’éclairage à défilement total.

  • Couleur : éviter les lumières trop blanches. Ces dernières contiennent une proportion importante de lumière bleue qui est nuisible à la santé et à l’intégrité nocturne. Favoriser des sources lumineuses de couleur jaunâtre ou ambrée.

  • Obstacles : considérer les obstacles pour couper la lumière telle que des murs ou des arbres.

  • Indices spectraux : convaincre l’industrie de l’éclairage d’utiliser de nouveaux outils pour gérer l'éclairage tel que les indices spectraux (MSI, SLI et IPI).